Cet article est le résultat d’une enquête qui ne cache pas mon parti pris : ma pensée s’y exprime brutale, bruitiste, une trace sonore un signal d’alarme pour ceux qui sont, tree climbers, proches des arbres !
Cet article est long. Long à lire et à écrire.
C’est un choix, j’aurais pu faire concis comme un message publicitaire.
Pub qui cherche d’ailleurs à envahir le domaine du tree climbing sans comprendre “le temps des arbres”. Une quinzaine de minutes sont donc nécessaire pour la lecture de cet article...
Il ne s’agit pas dans cet article de dire “non au concept de Leave No Trace” mais de savoir qui son les acteurs de la Leave No Trace, Inc. [501(c)(3) non-profit organization].
Site web: http://www.lnt.org/
LNT / LNT
Leave No Trace / Leave No Trademark
Vert.
On passe tout au vert... SOLEIL VERT
Aujourd’hui, la pilule à faire tout avaler est verte et ne laisse aucune trace ! Même la laisse est verte. Verre tinté vert : une transparence -promue vérité- vient habiller l’immobilier des industries et grandes boutiques ; vitrine chatoyante sur ce qu’on veut bien nous montrer avec enluminure de propagande comme enseigne.
Publicité,
duplicité !
Subaru.
Ce qui est gênant avec Subaru c’est... TOUT
Le modèle de production qui fait tâche : le Toyotisme Le modèle de promotion qui fait huile dont s’oint tout bon constructeur auto : la Subaru innove en homologuant pour la route sa voiture rallye.
Et par dessus tout le grand simulacre : Subaru doit se racheter de comportements déplorables ? Qu’à cela ne tienne, rien de plus facile de nos jours puisqu’il y a le vaporisateur bio-éthique.
Pas de trace.
Par exemple la Subaru R1e... PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT
Inodore.
Indolore (tue moins qu’un 4X4 Subaru).
Insonore. électrique ça va de soi la R1e (R comme radiation gamma ?).
Mais d’où vient toute cette énergie?
Où est-ce que les grands boutiquiers de la planète trouvent autant d’énergie pour investir, philanthropiquement, des domaines si éloignés de leur préoccupation première?
Leur motivation est simple, elle se fonde sur le fait que ces domaines sont les domaines de nos préoccupations premières.
Et donc il faut très vite les investir pour vite les dissoudre.
Vaporisons! Vaporisons!
La méthode consiste à trouver une bonne cause verte et un slogan fort voir créer tout ça de toute pièce.
On peut alors:
- Attirer de nouveaux clients dans ses magasins;
- Se racheter une virginité et attirer les clients récalcitrants quitte à leur faire une petite réduc;
- Tirer les bénéfices du principe marketing dit de saturation.
L’écologie est, qu’on le veuille ou non, une question politique.
Et ne perdons pas de vue que nos grands boutiquier font aussi de la politique et d’ailleurs leur pensée politique suit le flux de leurs marchandises et submerge ce qui pourrait être notre politique, celle rarement exprimée, celle de tout un chacun.
Une pensée verte s’y diffuse donc,
unique.
Les très libres protecteurs
Aujourd’hui faire masse dans les médias (entre autre, ce que fait, s’éloignant en cela de son fondateur, la Rodale Press Inc. dont nous reparlerons plus loin, tout comme Lagardère qui vient d’ailleurs d’accueillir dans son team le groupe Subaru), massifier son discours par toutes les médiations possibles (et internet en fait bien sûr partie) a pour effet de dissoudre la résistance à cette pensée unique.
S’immiscer dans tous nos espaces de liberté est un but pour un grand nombre de marchands car c’est exactement là où ce crée un bon nombre de richesses (et je ne parle pas seulement en $).
C’est d’autant plus facile pour eux qu’ils sont épaulés par la force de frappe d’une rhétorique éprouvée et réductrice ; un discours-slogan, une idée-dicton (idétcon) et qu’ils ont en face une résistance à l’argumentaire très souvent lourd profond mais pas très assuré et pas très pro comme mes articles.
Pour s’en convaincre il suffit de taper dans son moteur de recherche « écologie voiture » ou « environnement voiture » pour se rendre compte que les défenseurs de l’environnement ne sont pas les écowariors, mais les boutiques qui vendent des voitures.
On l’aura compris ces très libres protecteurs de l’environnement arrivent! Alors suivons les à la trace de leurs Trademarks.
Leave No Trace. D’où tu nous parles toi?
La piste est encore fraîche devenons tracker (chasseur) l’espace d’un instant...
Leave No Trace, Inc. (LNT) à donc une publication Tracker.
Dans le N°du printemps 2000 on trouve une réduction sur la maintenance d’une Subaru.
mais quoi de plus évident puisque Subaru est partner de LNT Inc. Non seulement partner mais aussi membre de LNT Inc. Son représentant pour les bonnes causes est donc en bonne place dans le Board of Directors de LNT Inc. avec d’autres amis qui comme lui dirigent LNT Inc. et dont on peut pour certain douter de l’honnêteté.
Bien sûr je ne parle pas de représentant d’agence tels que Destry Jarvis du NRPA l’équivalent pour les parcs nationaux d’un ONF d’ailleurs à la source du concept Leave No Trace, en fait un ensemble de 7 grandes règles de comportements de bon sens dans un parc lancé à la fin des années 70 début 80 qui est là bien à sa place.
Je parle des personnages très corporates au sein du directoire de LNT Inc.
Bien sûr il y a notre très $her
- Bill Cyphers
de Subaru of America, Inc.
remplacé aujourd’hui par Richard Crosson trésorier actuel envoyé en remplacement par ...Subaru of America, Inc. bien sûr.
Mais aussi leur ami dans l’entertainment
- Kym Murphy
de chez Walt Disney Corporation qui a fini chez Disney responsable de la politique d’environnement (sic) il est entre autre concepteur et fût directeur des fameux parcs aquatiques Disney.
Moins connu pour les frenchies il y a le représentant du marchand d’équipement de sport L.L. Bean
- Brad Kauffman
aujourd’hui président de Leave No Trace.
et son concurrent et ami pour la bonne cause
- David Jayo
de REI qui lui aussi ouvre 24/24 et 7/7 dans de nombreuses cités US ses magasins de sport très nature nouvelle tendance oblige.
On trouve aussi l’avocat
- John Voorhees
du cabinet Isaac son, Rosenbaum,Woods & Levy dont une des tâche consiste à défendre l’environnement des entreprises et à les conseiller dans le contournement des lois de protection de la nature.
Il y avait aussi
- Natalee Moss
de Backpacker journal du groupe Rodale Press Inc.(qui commet en France des journaux comme Men’s Health).
Je dis il y avait car depuis qu’elle est en désaccord avec son employeur, elle ne fait bien sûr plus partie de Leave No Trace Inc.
Moralité quand on est une femme dans la presse de genre fitness il ne faut pas porter plainte pour harcèlement sexuel si non ...plus de trace la piste s’arrête là!
En haut d’une montagne on aperçois dans le dernier N° de Tracker, un gus qui imite Jesus le mono, (anti-athé, anti-homo) photo sans doute inspirée par l’œcuménique
- Dave Bates
de chez Boy Scouts of America, membre, lui aussi, du directoire de LNT. Sans doute va t’il nous aider à remonter la piste du Leave No Trace?
Nature et transcendance
C’est sûr les américains abordent depuis longtemps la “Nature” dite sauvage comme un concept fondateur. C’est pour eux le grand Wild. Avec des penseurs comme Ralph Waldo ou Henry David Thoreau (trop transcendantalistes à mon goût), une tradition philosophique américaine a, très tôt, incité les américains à retrouver dans les forêts et les montagnes une vie libre dans une nature sauvage perçue comme rédemptrice.
La nature dans la philosophie du wilderness témoigne en tant que Création, de l’existence de Dieu et l’homme, par son origine sur-naturel à le droit de l’administrer (sans les indiens ça va de soit).
Préserver une ambiance, je dirais même un simulacre, de paradis sauvage en effaçant ses traces avec le risque d’aller trop loin en ne voyant plus la marque de l’homme dans le paysage.
Un homme sur la terre et non faisant partie de la terre, c’est en cela que je rejette l’approche Boy Scout of America.
Bien sûr je ne suis pas contre minimiser l’impact d’une pratique humaine mais je suis contre le petit pack idéologique qui vient avec le Leave No Trace!
Avec eux arrive, aussi, le schéma pyramidale d’organisation (héritage de la transcendance) et il n’est pas étonnant de le retrouver dans le Leave No Trace et dans le NOLS (un centre d’entraînement nature) de Molly Hampton membre elle aussi de LNT avec son appareillage de titres (instructors, master instructors...une éthique formatée).
Jiminy Cricket le simulacre de la défense de l’environnement
La vue de ce schéma d’organisation devrait fonctionner pour nous comme un signal qui dirait : là attention il se peut qu’il y est duplicité (c’est à dire qu’il y a des choses pour les quelles on est d’accord mais on va nous en faire passer d’autres en douce auxquelles on n’adhère pas ou pas forcément).
Ce signal doit nous pousser à aller plus loin et se demander qui est derrière le masque de Jiminy Cricket.
Jiminy Cricket après avoir été chez Walt Disney Corporation, en costume trois pièce et haut de forme, la bonne conscience de Pinoccio dans les années 40, revient au XXI ème siècle, dans le même costume, comme porte parole de la défense de l’environnement sous l’impulsion de notre Kym Murphy (de LNT) avec son Jiminy Cricket’s EnvironmentalityTM Challenge.
Qui aurions nous pu trouver dans le bureau d’une association de défense de l’environnement (sans le masque de Jiminy):
- Un skater de L.A. attiré par la pente d’une... montagne et qui partirait se mettre au vert ou bien John Voorhees (le très chic avocat environnementaliste du bureau de LNT).
- Une informaticienne attirée par le réseau arborescent ...d’un houppier ou Brad Kauffman des magasin L.L.Bean (président de LNT).
- Un retraité d’une chaîne de montage de Detroit qui décide de larguer sa voiture et de continuer à pied ou le sportif motorisé Bill Cyphers (fournisseur des Outback4X4 Subaru des instructeurs de LNT) qui place un de ses sbires comme trésorier de LNT.
- Un agriculteur ruiné du Midlewest se rendant compte qu’une terre ne s’administre pas comme une industrie ou comme une maison divine ou David Jayo le boutiquier de la conquête sportive des terres sauvages (sponsor de LNT).
Si les estampillés corporate ne s’y trouvaient pas, nous ne trouverions pas non plus Brad Kauffman et la Rodale Press Inc. n’aurait pas envoyé une représentante.
Et peut être alors LNT voudrait dire LEAVE NO TRADEMARK...
“Penser comme une montagne”
( Aldo Léopold, Almanach d’un comté des sables )
Prolongeant la philosophie d’Aristote avec la constitution d’une ontologie originale dite naturaliste, la pensée occidentale a placé l’homme hors de la nature.
Se rapprocher des arbres, retrouver une médiation qui nous éloigne, un peu, de cette ontologie, c’est nous rendre compte que nous somme dans la nature.
Cherchons une éthique commune sans être l’élève de Disney et quand on se tourne vers les États Unis rencontrons plutôt les américaines et les américains qui ont levé la tête à Seattle en 1999 par exemple.
L’une d’entre elle, la fameuse Starhawk, a écrit:
souviens-toi de la partie la plus profonde de toi-même,
encore indomptée, dont la force est celle de l’instinct ;
rappelle-toi que tu saignes, que tu sens et ressens,
que tu peux avoir dans ton corps une grâce animale,
qu’il y a une élégance, un contrôle,
qui ne sont pas imposés par l’esprit sur la nature,
mais qui émanent du corps,
qui émanent du fait d’être dans le monde,
à chaque moment, comme si nous y étions chez nous,
comme un animal est chez lui là où il est. »
(Femmes, magie et politique).
Pour ma part je préfère donc dire : “ Just trace, no impact ! Knowtrace ! ”, concept qui reflète simplement ma manière de pratiquer le tree climbing.
